Les maisons-containers des “oubliés” du séisme de 1997

 
Le triporteur à moteur entre en pétaradant dans le village de containers, à moitié vide en cette matinée de fêtes de Pâques. Marino rentre de ses courses. Ce paysan, âgé de 73 ans, vit dans l’une des cabanes de chantier, installées ici, à Giove, un hameau à une vingtaine de kilomètres d’Assise, depuis le séisme qui frappa, en 1997, la région de l’Ombrie.
A l’époque, ce fut une bonne chose pour lui et son épouse. Après avoir dû abandonner comme tant d’autres leur maison endommagée et avoir passé des mois sous une tente, Marino et sa femme ont trouvé idéal ce container surmonté d’un toit qui lui donnait un air de maisonnette, en attendant de revenir chez eux. Leur fille, avec sa famille, était même venue vivre avec eux.
Puis, il y a trois ans, sa femme est morte et sa fille a emménagé ailleurs. Depuis qu’il vit seul, Marino est découragé. "Si elle est réparée un jour, ma maison, eh bien j’irai, sinon, au revoir", lance-t-il en unissant le geste à la parole. Le vieil homme est devenu fataliste à force de vivre dans ce container glacial en hiver, torride en été. On ne s’habitue pas à cette vie, à cet âge, tout ce temps.
Ce sont surtout des personnes âgées comme lui qui sont restées vivre dans ce drôle de village de tôle. "Celles qui sont encore en vie, car vingt-cinq personnes sont mortes ici alors qu’elles attendaient de pouvoir rentrer chez elles", précise Valentina Armillei, jeune responsable d’un comité créé pour soutenir ces "oubliés du tremblement de terre".
Les habitations qu’il leur a fallu quitter sont en face, à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau des containers. Ils ont posé leurs yeux sur elles tous les jours, tandis que la reconstruction s’enlisait dans la bureaucratie. En Ombrie, il avait été décidé de confier aux habitants eux-mêmes, à travers un consortium, et avec les aides de l’Etat, la réalisation des travaux.
La démarche s’est révélée plutôt payante. Pas à Giove. Dans le village, comme l’explique le maire, Giuseppe Mariucci, "ils n’ont pas eu de chance, car ils sont tombés sur une entreprise inadaptée qui a même fait faillite alors qu’ils n’étaient qu’à un tiers des travaux". Depuis deux ans, la commune a repris les choses en main et le maire assure que tout sera achevé d’ici à la fin de l’été.
Marino, lui, reste sceptique. Les yeux rivés sur le poste de télévision, il est absorbé par les images du séisme dans les Abruzzes. Elles lui font revivre sa propre expérience, mais aussi les promesses non tenues. "A nous aussi, se rappelle sa nièce Antonella, la seule à lui rendre encore visite, ils ne cessaient de répéter que tout allait être fait vite. Que de belles paroles, à l’époque ! Regardez où nous en sommes douze ans après". Et avec les sans-abri des Abruzzes, on risque de se rappeler encore moins des "oubliés du tremblement de terre" de Giove.
 
 

Salvatore Aloïse
 
 

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